Affiliation ASCA & RME

Comprendre ma sensibilité et mieux la vivre.
Une remarque reste dans votre tête pendant des heures. Une dispute vous bouleverse, même lorsque vous n’êtes pas directement concerné(e). Après une journée de bruit, de sollicitations et de conversations, vous avez besoin que plus personne ne vous demande rien.
« Je prends tout trop à cœur » : lorsque cette sensibilité devient fatigante, on aimerait pouvoir baisser le volume. Comprendre ce qui vous touche et ce qui vous surcharge permet de chercher des ajustements concrets, tout en gardant une place pour ce que votre sensibilité vous apporte.
Dans le langage courant, l’hypersensibilité désigne une sensibilité particulièrement marquée aux émotions, aux sensations et à ce qui se passe autour de soi. Une conversation, une ambiance ou une stimulation peuvent avoir un retentissement important, là où une autre personne sera moins affectée par la même situation.
Tout le monde est sensible, mais à des degrés différents. Les recherches sur la haute sensibilité s’intéressent à ces différences dans la manière de percevoir et de traiter les informations de l’environnement. Elles décrivent un trait individuel, et non une maladie.
Sur le plan émotionnel, certaines expériences peuvent vous toucher profondément : une séparation, une scène de film, la détresse d’un proche, mais aussi une attention délicate ou une bonne nouvelle. Cette réceptivité concerne donc autant la joie, l’émerveillement et la tendresse que la tristesse ou la déception.
Sur le plan sensoriel, les bruits, les lumières, les odeurs ou le contact de certains tissus peuvent prendre beaucoup de place dans votre expérience. Une musique de fond que les autres remarquent à peine peut, par exemple, vous gêner pour suivre une conversation.
La manière de réfléchir à ce que vous vivez compte également. Vous pouvez prêter attention à des nuances, faire des liens avec des expériences passées et examiner plusieurs implications d’une situation. Il ne s’agit pas forcément d’avoir des sens plus performants, mais de la façon dont les informations perçues sont traitées.
Lorsque les sollicitations deviennent nombreuses, intenses ou prolongées, vous pouvez atteindre plus rapidement un état de surcharge : il devient difficile de rester disponible pour ce qui se passe. Même un moment agréable peut demander ensuite du calme, parce qu’il a été riche en stimulations.
Cette sensibilité ne se manifeste pas de façon identique chez tout le monde. Vous pouvez être très réceptif ou réceptive aux ambiances sans être particulièrement gêné(e) par les odeurs. Elle ne se confond pas non plus avec l’introversion : on peut aimer rencontrer des personnes et avoir une forte sensibilité.
L’environnement joue donc un rôle important dans la façon de vivre cette sensibilité : des conditions éprouvantes peuvent davantage vous affecter, tandis qu’un cadre bienveillant ou une expérience agréable peuvent vous faire particulièrement du bien.
Les travaux de la psychologue Elaine Aron décrivent cette haute sensibilité à travers quatre dimensions : un traitement approfondi des informations, une réactivité émotionnelle marquée, une attention aux subtilités et une tendance à être plus facilement surstimulé(e).
Une déception vous serre la gorge. Une bonne nouvelle vous remplit d’enthousiasme. Une injustice vous bouleverse longtemps après l’événement. Vous avez parfois besoin de temps pour retrouver votre calme et mettre des mots sur ce qui se passe.
Il peut être difficile d’expliquer cette intensité à quelqu’un qui ne ressent pas la situation de la même manière. Lorsque l’on vous répond « Ce n’est rien », vous vous retrouvez avec l’émotion et le sentiment de ne pas être compris(e).
Dans une pièce où les personnes se parlent sèchement, vous sentez votre corps se tendre. Après avoir écouté un proche en difficulté, vous continuez à penser à sa situation. Vous pouvez avoir envie de rassurer, d’aider ou de faire disparaître la tension.
Cette attention aux autres devient coûteuse lorsque vous vous sentez responsable de leur humeur. Vous pouvez écouter une souffrance tout en gardant le droit de vous reposer et de poursuivre votre journée.
Au restaurant, les conversations, la musique et les lumières vous demandent un effort. Au travail, les interruptions s’ajoutent aux notifications. Vous devenez irritable ou n’arrivez plus à suivre ce que l’on vous dit.
Ce qui compte alors est l’accumulation. Vous pouvez apprécier une rencontre et avoir besoin de partir avant les autres. Cela ne retire rien au plaisir d’avoir partagé ce moment.
Votre disponibilité dépend aussi de votre état du moment. Une mauvaise nuit, une période de stress ou plusieurs obligations qui se superposent peuvent rendre la journée plus difficile à traverser. Les mêmes paroles n’auront pas nécessairement le même effet après une journée reposante et après une semaine sous tension.
Une dispute au téléphone, des transports bruyants, un repas repoussé et une urgence au travail : le soir, une petite demande peut être celle de trop.
Observer cet ensemble aide à repérer ce qui vous fragilise. L’objectif est de reconnaître plus tôt les moments où vous avez besoin d’une pause, avant d’arriver à l’épuisement.
Une remarque peut faire mal pour plusieurs raisons. Elle peut être maladroite ou franchement blessante. Elle peut aussi toucher une crainte déjà présente : décevoir, ne pas être à la hauteur, déranger ou perdre l’affection de quelqu’un.
Par exemple, un collègue demande de modifier votre travail. Vous entendez peut-être : « Tout ce que j’ai fait est mauvais. » Pour y voir plus clair, distinguez les mots prononcés, ce que vous avez compris et ce que vous ressentez. Vous pourrez ensuite demander : « Quelle partie voudrais-tu que je reprenne précisément ? »
Pendant quelques jours, observez les situations après lesquelles vous vous sentez vidé(e) et celles qui vous font du bien. Cherchez des détails : le nombre de sollicitations, le bruit, la durée, les personnes présentes, votre niveau de fatigue.
Vous découvrirez peut-être qu’un déjeuner à deux vous convient mieux qu’un repas de groupe, ou qu’un temps calme entre le travail et la soirée change votre disponibilité.
Lorsque l’émotion monte, vous pouvez différer une réponse : « Je préfère prendre un moment et revenir vers toi. » Posez les pieds au sol, regardez autour de vous et laissez votre respiration retrouver un rythme confortable, sans forcer.
Demandez-vous ensuite ce dont vous avez besoin : du calme, une explication, du soutien ou une limite à poser. Quelques instants de recul peuvent vous aider à choisir vos mots, même si l’émotion est encore présente.
« Je peux t’écouter un moment, puis j’ai besoin de me reposer. » « Je ne pourrai pas répondre ce soir. » « J’aimerais qu’on se parle sans crier. » Des limites claires rendent vos besoins plus visibles.
L’empathie laisse une place à votre propre état : vous n’avez pas à régler chaque problème pour montrer que vous tenez à quelqu’un.
Gardez du temps pour marcher, créer, écouter de la musique ou échanger avec une personne de confiance. Choisissez ce qui vous fait du bien, sans transformer ces moments en obligations supplémentaires.
Si vous vous reconnaissez dans ce texte et que votre sensibilité vous pèse au quotidien, nous pouvons prendre le temps d’en parler.
J’associe différentes approches, notamment la sophrologie et le coaching, pour vous proposer un accompagnement adapté à ce que vous vivez. Cet espace vous permet de parler de vos ressentis, de prendre du recul et d’avancer à votre rythme, selon vos besoins.
Vous souhaitez en parler ? Je vous accueille pour une première séance.
Pourquoi mon mental ne s’arrête jamais ?
Comment me reconstruire après une relation toxique ?